Premier arrêt emblématique sur la Route de la Traversée, le belvédère de la Rivière Corossol offre une immersion immédiate dans la forêt tropicale. Aménagé en contrehaut du ruban d’asphalte, ce point d’observation domine une mer végétale, ponctuée ici et là par les flots de la rivière serpentant entre les arbres géants. Par temps clair, impossible de manquer l’étendue vert émeraude de la canopée, animée par le ballet sonore des oiseaux endémiques tels que le "sucrier" et le "zelmiro".
Ce belvédère, accessible en quelques pas seulement depuis un petit parking, est particulièrement apprécié des ornithologues amateurs qui viennent ici observer les colibris et autres oiseaux rares de la Basse-Terre. Parfait pour saisir l’essence de la végétation guadeloupéenne, ce spot peut être visité tôt le matin, lorsque la lumière rasante fait scintiller les feuilles humides et que la brume ajoute une touche mystique au paysage.
Pour les férus de chiffres, notez que la forêt du Parc National qui s’étend alentour couvre près de 22 000 hectares, soit le plus vaste massif forestier des Petites Antilles (Source : Parc National de la Guadeloupe).
La Cascade aux Écrevisses est l’une des étapes iconiques de la Route de la Traversée. Contrairement à d’autres chutes difficiles d’accès, celle-ci se rejoint facilement par un sentier bétonné de moins de 500 mètres, balisé et sécurisé. C’est donc un point de vue idéal pour les familles, mais aussi les photographes à la recherche de clichés carte postale : une chute de 10 mètres auditionne son fracas dans un écrin de fougères arborescentes, de balisiers et de fromagers centenaires.
Ce site a été aménagé pour permettre à tous de profiter du spectacle, y compris les personnes à mobilité réduite. L’eau très claire de la rivière Corossol, les eaux fraîches (mais rarement froides) du bassin, et la lumière dansante en font un spot incontournable, parfait pour une courte baignade ou un pique-nique à l’ombre de la canopée.
Selon le Parc National, la Cascade aux Écrevisses accueille près de 250 000 visiteurs chaque année, confirmant ainsi son statut de lieu incontournable, tant pour la détente que pour l’observation de la luxuriante nature guadeloupéenne (Source : Office de Tourisme de la Guadeloupe).
Un peu à l’écart de la D23 mais bien signalé, le Saut de la Lézarde reste l’un des secrets les mieux gardés de la Basse-Terre. Un sentier sinueux plonge dans une végétation exubérante avant de déboucher, au terme d'une vingtaine de minutes de marche, sur une cascade vertigineuse et un bassin naturel lové dans une gorge impressionnante.
La force de ce point de vue réside dans la sensation d’isolement quasi total : ici, seuls le bruissement de l’eau et les cris des grenouilles-rainettes viennent troubler le calme. Le panorama, à la fois sauvage et minéral, offre d’excellentes perspectives photographiques, notamment au lever du jour lorsque la lumière effleure les parois moussues. Il convient cependant d’être prudent par temps de pluie : le sentier peut devenir glissant et les crues sont soudaines, sécurité oblige.
Le Saut de la Lézarde est classé parmi les baignades les plus spectaculaires de France d’outre-mer (Le Routard, 2023), et figure régulièrement dans les listes des “must see” pour les amoureux de la nature.
Point d’ancrage culturel de la Traversée, la Maison de la Forêt sert de centre d’interprétation mais aussi de départ pour plusieurs sentiers botaniques et panoramiques. C’est l’endroit idéal pour plonger dans l’histoire naturelle de la forêt guadeloupéenne, en apprendre plus sur ses espèces endémiques et s’initier à l’observation des arbres géants comme le gommier rouge ou le châtaignier montagne.
Depuis la Maison de la Forêt, de courtes boucles de randonnée (de 15 à 45 minutes) mènent vers des belvédères naturels dominant rivières, ravines et la mer de bambous inclinée par les alizés. Par beau temps, les plus chanceux pourront apercevoir la silhouette massive de la Soufrière, le volcan actif qui culmine à 1 467 mètres d'altitude.
Le site propose également des expositions temporaires et des ateliers pour enfants, faisant de la Maison de la Forêt un arrêt pédagogique autant qu’esthétique, apprécié des locaux comme des touristes (info : Parc national de la Guadeloupe).
À mi-chemin de cette traversée mythique, un arrêt tout indiqué s’impose : le belvédère officiel de la Route de la Traversée. Aménagé en surplomb de la route, il offre un panorama époustouflant à 180°, englobant toute la diversité de la forêt humide, ses crêtes, ses combes profondes et au loin, un aperçu du relief volcanique de la Basse-Terre.
C’est un spot parfait pour photographier le volume impressionnant de la forêt primaire, souvent comparée à l’Amazonie à petite échelle pour sa richesse en biodiversité : plus de 270 espèces d’arbres, une trentaine d’orchidées sauvages recensées et une population d’oiseaux unique dans les Caraïbes. Le belvédère est sécurisé et facilement accessible, ce qui en fait un arrêt conseillé pour tous, y compris lors d’une visite rapide.
Pour profiter sereinement de la Route de la Traversée et optimiser chaque arrêt, voici quelques recommandations éprouvées :
L’accès à la Route de la Traversée depuis Pointe-à-Pitre jusqu’à Mahault ou Pointe-Noire se fait en 40 minutes de route continue, mais mieux vaut compter une demi-journée minimum pour prendre le temps de s’arrêter, contempler, photographier et s’imprégner de cet univers unique.
La Route de la Traversée est bien plus qu’une simple voie rapide entre nord et sud de Basse-Terre : c’est une invitation à ralentir et à renouer avec la nature authentique du Parc National. Chaque point de vue, chaque arrêt dévoile une facette différente de la Guadeloupe, entre forêts majestueuses, bassins cachés et panoramas saisis entre deux nuages. Des visiteurs du monde entier témoignent du caractère unique de cette traversée, qui conjugue accessibilité, dépaysement et richesse écologique.
En prenant le temps d’explorer ces points de vue, on comprend pourquoi la Traversée mérite d’être parcourue, photographiée et racontée : parce que chaque virage est une nouvelle promesse de beauté, et chaque arrêt, une façon de tomber un peu plus amoureux de la Basse-Terre. La prochaine fois que vous sillonnerez cette route mythique, gardez l’œil ouvert : la nature vous réserve toujours une surprise inattendue.